Luttes des peuples U’wa et Embera de Colombie

11/11/2000
Commission des droits de l'homme

Intervention au point 15 : Questions relatives aux populations autochtones. Déclaration orale.



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Monsieur le Président,

Le Centre Europe Tiers Monde (CETIM) accorde une attention particulière aux violations des droits de l’homme entraînées par des projets menés par des grandes sociétés transnationales. A cet égard, les peuples indigènes constituent un secteur de la société particulièrement vulnérable face aux grands projets d’exploitation de ressources naturelles.

Deux situations d’atteintes aux droits fondamentaux des peuples autochtones en Colombie retiennent actuellement notre attention.

– La première est celle du peuple U’wa, qui vit depuis des temps immémoriaux dans des régions jouxtant le Vénézuela au Nord Est de la Colombie et voit actuellement son territoire ancestral menacé par une autorisation d’exploration pétrolière attribuée à l’entreprise Nord américaine Occidental Petroleum (OXY), sans que son droit à la consultation ait été respecté, en contravention avec la Constitution de la Colombie ainsi qu’avec la convention 169 de l’OIT (Loi 21 de 1991).

Malgré le fait que le peuple U’wa vienne d’obtenir gain de cause dans le recours qu’il a interposé à cette autorisation, son intégrité reste extrêmement précaire. Les conséquences de la décision arbitraire du gouvernement sont jusqu’ici les suivantes :

a. La militarisation de la région et par conséquent l’augmentation de la violence par l’apport de trois bataillons antiguérillas venus protéger les travaux de l’infrastructure pétrolière.

b. L’évacuation forcée à plusieurs reprises de la communauté U’wa de son propre territoire, avec utilisation par la police antiémeute de gazs lacrimogènes, ceci ayant notamment entrainé la mort de 3 enfants et la disparition de 5 indigènes.

c. La destruction de l?environnement consécutive à l’avancée des activités pétrolières : la déviation de cours d?eau, la destruction de sources, les glissements de terrain, la déforestation et de graves phénomènes d’érosion.

– La seconde situation qui suscite notre préocupation actuelle dans ce contexte est l’autorisation de mise en eau du barrage hydroéléctrique Urra 1 dans des conditions qui attentent à la vie, la culture et l’intégrité territoriale du peuple Embera Katio sur le fleuve Sinu de la côte atlantique de Colombie.

Les violations commises contre ce peuple sont multiples:· La construction et la mise en eau du barrage Urra 1 se sont effectuées sans consultation adéquate avec ce peuple, bafouant ainsi un arrêt rendu par la Cour Constitutionnelle.

· Les assassinats et les menaces de mort à l’encontre des dirigeants et conseillers Embera Katio, ainsi que d’intellectuels et scientifiques critiques du projet sont systématiques.

· Le gouvernement colombien n’a pas établit de processus à même de garantir la survie de ce peuple face aux dommages causés par le remplissage du barrage.

· L’autorisation de remplissage a été octroyée sans que l’entreprise Urra n’ait présenté d’étude d?impact et de gestion environnementale crédible.

· Durant tous ces procesus, les instances départementales de justice chargées de suivre la situation ont continuellement déniés leurs droits aux indigènes.

D’entente avec les représentants de ces peuples, le CETIM constate :

· que ces situations, loin d’être des exceptions, sont cependant source d’une extrême violence en Colombie, caractérisée par des assassinats et des menaces sélectives;

· qu’il est nécessaire que la banque nationale et la banque multilatérale d’investissement assument leur responsabilités par rapport aux impacts des projets qu’elles financent;

· de même, il est urgent de s’atteler à la question de la responsabilité des entreprises constructrices ou exploitantes dans ce type de projet et à celle de leur participation à la réparation intégrale des dommages et impacts causés aux peuples indigènes;

· que dans ce sens, la définition d’une législation internationale à même de restreindre clairement les activités économiques qui portent atteinte à la culture, à la vie et aux territoires des peuples indigènes s’impose. A cet égard, nous encourageons vivement le groupe de travail de la Sous-Commission sur les sociétés transnationales à se pencher avec attention sur cette question. Néanmoins, nous rappelons qu’il incombe aux Etats nationaux de contraindre ces sociétés au respect le plus strict des droits humains sur leur territoire;

· finalement, il est urgent et vital que les gouvernements du monde se prononcent de façon claire contre les grands projets sur les territoires indigènes.

Dans l’immédiat, nous estimons qu’il est en particulier urgent pour les peuples indigènes de Colombie que cette assemblée se prononce sur la situation des peuples U’wa et Embera Katio et fasse sienne les demandes des peuples concernés.

En conclusion le CETIM :

· demande au gouvernement colombien de respecter les droits constitutionnels et légaux protègeant les peuples indigènes de Colombie;

· demande au gouvernement colombien d’annuler définitivement tout projet d’exploitation pétrolière sur le territoire ancestral U’wa;

· condamne l’usage de l’assassinat et des menaces à l’encontre des dirigeants et conseillers indigènes et exige du gouvernement colombien des enquêtes afin de punir les responsables des agissements susmentionnés;

· demande au gouvernement colombien, à l’entreprise Urra S.A., à l’entreprise constructrice du barrage suédoise Skanska ainsi qu’à l’entreprise nord américaine acquéreuse de l’énergie produite de répondre de la situation du peuple Embera du Haut Sinu et d’accepter ses propositions de réparation, consultation et participation;

· demande au gouvernement colombien l’annulation définitive du projet de barrage Urra II.

Je vous remercie de votre attention

Annexe : textes originaux rédigés pour la commission par les conseillers des communautés U’wa et Embera Katio.

Annexe 1
Intervencion dada por los asesores de las comunidades U’wa en la 56 comision de Derechos humanos

« La comunidad indígena U’wa de Colombia ; cultura que ha vivido milenariamente en territorio nororiental de Colombia en limites con el Estado de Venezuela, esta amenazada a desaparecer con la decisión del gobierno colombiano que autoriza a la empresa transnacional petrolera Occidental de Colombia INC para iniciar actividades en el territorio tradicional de nuestra comunidad.1 La expedición de esta licencia no contó con una consulta previa a la comunidad U’wa como lo exige la Constitución Política de Colombia y el Convenio 169 de la OIT (Ley 21 de 1991) como recién lo reconoció la juez 11 penal del circuito al fallar una tutela en favor de la comunidad U’wa.

Esta decisión arbitraria de gobierno a la fecha tiene los siguientes resultados :

a. Militarización de la zona con 5000 militares contra guerrilla, que junto a la presencia guerillera en esta zona, agudizan la guerra;
b. 4 desalojos violentos de la comunidad U’wa de nuestro propio territorio por parte de la policía antimotin quienes utilizaron gases lacrimógenos donde mueren 3 niños y desaparecen 5 indígenas2;
c. Inicio de actividades petroleras, donde la destrucción del medio ambiente es evidente ; desvío de cauces de agua, destrucción de nacimientos de agua, deslizamientos de tierra, enfermedades, etc.

Con la actitud del gobierno colombiano :
· se patrocina institucionalmente la destrucción de la cultura U’wa.
· se violan los derechos constitucionales fundamentales, los tratados internacionales y la declaración de los derechos humanos.
· se destruyen importantes ecosistemas y en general todo el entorno de la zona será destruida.

La comunidad indígena de Colombia exige al gobierno colombiano :
· el respecto a los derechos constitucionales y legales que protegen a los pueblos indígenas
· la cancelación inmediata de cualquier proyecto de explotación petrolera en territorio tradicional U’wa, ya que esto sería el centro de violación de derechos humanos del pueblo U’wa y de los habitantes de esta región de Colombia ».

Annexe 2
Intervencion dada por los asesores de las comunidades Embera Katio en la 56 comision de Derechos humanos

· « La vida física y cultural de los pueblos indígenas de Colombia sigue en peligro. Varias acciones del gobierno y otros organismos del Estado colombiano atentan contra nuestras vidas, culturas y territorios.
· Han sido muchos los atropellos cometidos contra el Pueblo Embera Katío del Alto Sinú por el gobierno colombiano con la construcción de la represa Urrá3 poniendo en riesgo nuestra propia existencia.
· La construcción de la Hidroeléctrica Urra se realizo sin consultar a nuestro pueblo, como lo reconoció la Corte Constitucional4, en donde ordena realizar una verdadera consulta antes de iniciar el llenado del Embalse.
· Durante todo este proceso, han sido asesinados 3 de nuestros líderes: Alonso, Alejandro y Lucindo Domico, desaparecido Ruben Dario Mosquera y nuestros asesores han sido amenazados5.
· El gobierno colombiano no cumplió con la orden de realizar una consulta adecuada y expedir una licencia que garantice que no vamos a desaparecer6.
· La licencia ambiental se expidió a pesar de que la UPME7 del Ministerio de Minas y Energía había conceptuado que la empresa Urrá no tenía un verdadero Estudio de Impacto Ambiental ni un Plan de Manejo Ambiental, y que muchos de sus datos no correspondían con la realidad. El propio MinAmbiente reconoce en la licencia que Urrá no ha cumplido con todas las obligaciones del Auto 828 del propio Ministerio.
· En todo este proceso los organismos locales de justicia que han tenido que atender nuestra problemática, en el departamento de Córdoba, siempre han fallado contra nosotros, sin tener en cuenta el derecho8.
· Dos ecologistas que advirtieron de los impactos ambientales de este proyecto han sido asesinados: Alberto Alzate9 y Mario Calderón10.

Señores miembros de la Asamblea:

· Este caso no es inusual. Se viene presentando en Colombia con ésta y otras variantes, y en general con los pueblos indígenas del mundo. Lo especial de Colombia es el nivel de violencia con que se trata de acallar nuestras protestas mediante asesinatos y amenazas a nuestros dirigentes y comunidades.
· Se necesita ampliar los niveles de responsabilidad de la banca nacional y multilateral de inversión en los impactos que causan las obras que financian, así como en las empresas constructoras o explotadoras de recursos naturales. Esta responsabilidad debe centrarse en la obligación de dichos organismos y empresas en la reparación integral de los daños e impactos causados a los pueblos indígenas.
· En ese sentido, la tarea que se impone al mundo es la definición de una legislación internacional que restrinja con claridad las actividades económicas que afectan a las culturas, vidas y territorios de los pueblos indígenas, y que no dejen en manos de los gobiernos nacionales la última palabra sobre la viabilidad de los proyectos.
· Es urgente, entonces, que los gobiernos del mundo se pronuncien de forma clara contra los megaproyectos en territorios indígenas. Es cuestión de vida o muerte.

Por todo lo anterior, es urgente para los pueblos indígenas de Colombia que esta asamblea se pronuncie frente a la situación del pueblo Embera – Katio y:
1. condene el uso del asesinato y las amenazas de muerte a nuestros líderes y asesores y se exija al gobierno colombiano investigar y castigar a los responsables de los hechos denunciados

2. Pida al Gobierno colombiano, a la empresa Urrá S.A., a la empresa sueca Skanska que construyó la represa y a la empresa estadounidense Reliant que adquirirá la energía que produce la represa por medio de sus filiales en la Costa Caribe colombiana responder por la situación del pueblo Embera Katío del alto Sinú y aceptar sus propuestas de reparación, consulta y participación.

3. Pida al gobierno colombiano la cancelación definitiva del proyecto de Urra II.


1) La licencia se otorgó mediante resolución del Ministerio del Medio ambiente 0788 del 21 de septiembre de 1999
2) El 11 de febrero de 2000 un violento desalojo por parte de la policía antidisturbios ocasionó la muerte de los niños, la desaparición de los indígenas y varias personas golpeada
3) - Asesinato de nuestro lideres y amenazas a las comunidades
- Inundación de cementerios y de sitios sagrados (Jaidé).
- Exterminio de los peces, base de nuestra alimentación.
- Inundación de las tierras más fértiles del territorio del pueblo Embera.
- Atracción del conflicto armado.
- Descomposición de más de 7.000 hectáreas de biomasa.
- Alteración de importantes ecosistemas[3].
- Afectación de la Economía de los pescadores del Bajo Sinú.
- División interna del pueblo Embera.
- Rompimiento del Sistema tradicional de transporte por el Río.
- Penetración de la cuña Salina en el Estuario.
- Desplazamiento involuntario de la población.
4) Sentencia T-652 de noviembre 10 de 1998
5) - Cuando íbamos a la primera reunión de la Consulta en julio de 1998, con la empresa Urrá y el gobierno colombiano, los paramilitares nos quemaron las canoas y los motores impidiendo que asistiéramos.
- Luego que la Corte Constitucional ordenó suspender el llenado del Embalse como una medida cautelar, fue asesinado por los paramilitares, Alonso Domicó Jarupia, líder tradicional el 25 de agosto de 1998.
- Cuando la Corte Constitucional falló definitivamente a favor de tutelar nuestros derechos en noviembre de 1998, nuestro asesor Efraín Jaramillo y otros dos asesores tuvieron que salir del país por amenazas de los paramilitares.
- El 28 de enero de 1999 demandamos a la Alcaldía de Tierralta por incumplimiento de la Sentencia de Tutela, ante la cual deben registrar a nuestras autoridades. Dos días después, los paramilitares mataron a Alejandro Domicó.
- Cuando estábamos negociando el reinicio del Plan de Etnodesarrollo con Urrá e íbamos a presentar la propuesta de Consulta para el llenado, asesinaron a nuestro líder Lucindo Domicó.
- Cinco días antes que se otorgara licencia a Urrá para el llenado, las Autodefensas (paramilitares) envían carta a los ministros del Interior, Medio Ambiente y Minas, al presidente de Urrá y a la Comisión Quinta del Senado donde participan varios senadores del Departamento de Cordoba, en la cual exigían que se hiciera el llenado y señalan la posición Embera como manipulada por la guerrilla. - La licencia fue otorgada, pero hasta el momento el gobierno colombiano no se ha pronunciado sobre esa carta.
6) - Convocó dividido al pueblo Embera Katío para que no hubiera un acuerdo único y así decidir unilateralmente.
- No asistió como parte de la Consulta, sino como veedor.
- No presentó las propuestas ordenadas por la Corte Constitucional.
Al iniciarse el proceso de consulta fue asesinado el jefe de la comisión negociadora Lucindo Domicó.
- Con esta forma de actuar, convirtieron la Consulta en una mentira, en un engaño.
7) La UPME es la Unidad de Planeación Minera Energética del Ministerio de Minas y Energía.
8) - Cuando presentamos la tutela hace casi dos años, el Tribunal Superior de Córdoba y la Corte Suprema de Justicia fallo contra los Embera.
- Cuando el Alcalde de Tierralta no quiso registrar a nuestras autoridades. El Tribunal volvió a fallar contra nosotros.
- Presentamos de nuevo una acción de desacato contra el gobierno porque no buscó acuerdo como lo ordena la Ley 21 y porque actuó de mala fe al mantener unas mesas separadas sabiendo que eso iba a impedir que hubiera acuerdo. De nuevo el Tribunal falló contra nosotros, sin siquiera tener en cuenta nuestras pruebas.
9) Alberto Alzate profesor de la Universidad de Córdoba autor del libro « El impacto social de Urra » asesinado en 1996
10) Mario Calderón, asesinado el 19 de mayo de 1997, un mes después de haber organizado un foro de denuncia sobre el impacto de Urrá.

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