Répression, racisme et violations des droits des communautés indigènes à Bogota

13/04/2022

Le CETIM et Z-Dok.org dénoncent la répression, le racisme et les violations des droits des communautés indigènes installées dans le parc national de Bogota depuis septembre 2021.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Répression, racisme et violations des droits des communautés indigènes à Bogota

Genève, Berne, Bogota, 7 avril 2022 – Le CETIM et Z-Dok.org, en collaboration avec les représentant·es des communautés indigènes de Colombie, ont déposé une plainte auprès de différents mécanismes de protection des droits humains des Nations Unies. Ce processus vise à dénoncer la répression, le racisme et les violations des droits des communautés indigènes installées dans le parc national de Bogota depuis septembre 2021. La plupart sont des personnes déplacées dans le cadre du conflit armé en Colombie ou de projets d’exploitation des ressources naturelles dans leurs anciens territoires.

La situation des personnes installées dans le parc national de Bogota est dénoncée depuis plusieurs mois en Colombie et dans le monde entier. Le CETIM et ses partenaires sont préoccupés qu’à ce jour, les dialogues entre le district et les 15 communautés indigènes installées dans le parc n’aient eu aucun effet positif. Après six mois de vie sans logement décent, les personnes installées dans le parc dans des conditions déplorables qui violent leurs droits en tant que peuples autochtones, mais aussi leurs droits économiques, sociaux et culturels (alimentation, santé et logement notamment), sont tout simplement épuisées.

Face à cette situation, nos organisations ont décidé de recourir aux mécanismes de l’ONU pour exiger des garanties de dialogue et de vie digne, le respect des droits humains et la recherche immédiate d’une solution à la situation de ces familles.

En plus de ce qui précède, nous avons reçu les informations suivantes sur les événements actuels.

Le 6 avril 2022, de graves affrontements ont eu lieu entre les forces publiques de l’ESMAD, la brigade antiémeute et les communautés indigènes qui vivent dans le parc national de Bogota. Selon les informations reçues, l’affrontement a commencé à proximité du parc vers 17 heures. Aucun accord n’ayant été trouvé concernant les demandes et les exigences des communautés lors des négociations entre les représentant·es du district et les porte-paroles des communautés indigènes, ces dernières ont appelé à une manifestation en signe de protestation. Sous prétexte que les manifestant·es bloquaient les rues, les forces de l’ordre ont répondu par la force, notamment à l’aide de gaz lacrymogènes. La confrontation a duré jusqu’à l’aurore et a fait au moins 9 blessés, dont des enfants, des personnes âgées souffrant de problèmes respiratoires et des femmes. Les quinze communautés demandent au grand public d’apporter son soutien par des dons en nourriture et surtout de faire appel au corps médical pour aider les enfants, les femmes et toutes les personnes blessées lors de la confrontation.

D’autre part, les porte-paroles des communautés exigent le respect des communautés indigènes installées dans le parc national et dénoncent publiquement les abus de la mairie de Bogota dirigée par la mairesse Claudia López.

Compte tenu de ce qui précède, le CETIM et ses partenaires demandent aux forces de police de mettre urgemment fin à la répression et aux autorités d’ouvrir une enquête sur les violences policières qui ont eu lieu.

Nous exhortons également l’État colombien à respecter ses engagements internationaux en matière de droits humains, ainsi que ses engagements nationaux. En particulier, nous demandons aux autorités municipales de se conformer à la Sentence #36/2020 du Tribunal administratif de Cundinamarca. Cette dernière établit la nécessité de fournir et de garantir des conditions dignes aux populations déplacées et de réparer les dégâts causés à ces personnes. En outre, les autorités doivent s’occuper de réinstaller rapidement les communautés autochtones déplacées. Cette relocalisation doit se faire dans la dignité et la sécurité, dans le cadre des protocoles, mécanismes et garanties du système international des droits humains et du droit international humanitaire.

Enfin, nous appelons les organes compétents de l’ONU à activer leurs mécanismes et à suivre l’évolution de la situation sur le terrain, en exigeant que les autorités nationales et municipales respectent les droits humains des communautés autochtones touchées par les violations.

 

Contact :

Raffaele Morgantini, Représentant du CETIM auprès de l’ONU, contact@cetim.ch, +41796606514

Lara Mabel Felder, Z-Dok.org, lara.felder@z-dok.org, +41791714844

 

 

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