Le CETIM aux Nations Unies en faveur des droits des peuples

21/09/2016

Berta UN

La 31e session du Conseil des droits de l’homme (CDH) des Nations Unies s’est déroulée en mars 2016 à Genève. Le CETIM s’est fait le porte-parole de la voix des peuples et des mouvements sociaux en lutte pour leurs droits. En effet, une des missions du CETIM est de dénoncer les violations des droits humains commises par les multinationales et leur ingérence dans la libre détermination des peuples.

Le 3 mars 2016, Berta Cáceres, activiste environnementale hondurienne et leader indigène du peuple Lenca, est assassinée de sang-froid dans sa maison par des tueurs à gage. Cheffe de file du Conseil civique des organisations populaires et indigènes du Honduras (COPINH), Berta était engagée depuis des années contre l’exploitation minière et les méga-projets hydroélectriques, tel le projet « Agua Zarca », particulièrement dangereux pour l’intégrité de la population indigène Lenca. Ce projet est développé en coopération avec des multinationales allemandes (Siemens et Voith) ainsi que des institutions financières européennes et états-uniennes, comme la Compagnie de développement financier des Pays-Bas (FMO), le Fonds finlandais pour la coopération industrielle (Finnfund) et la Banque centre-américaine pour l’intégration économique (CABEI). Berta ne cessait d’alerter sur les dangers des traités de libre-échange, chevaux de Troie des multinationales et piliers de leur impunité.

A l’occasion de la présentation du rapport conjoint du Rapporteur spécial sur le droit de réunion et d’association pacifique et du Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, le CETIM a fait une déclaration en assemblée plénière du Conseil des droits de l’homme. Il a dénoncé l’assassinat de Berta, en demandant aux Rapporteurs d’agir afin de garantir la justice. Parmi ses demandes, le CETIM a réclamé l’arrêt de tous les projets de « développement » qui entraînent des violations des droits humains et qui sont menés sans consultation préalable des populations. Le CETIM a aussi demandé le gel des investissements des entreprises transnationales et des institutions financières internationales dans ces projets, ainsi que la fin de l’impunité des crimes commis à l’encontre des défenseurs des droits humains et la réalisation d’enquêtes indépendantes sur l’assassinat de Berta Cáceres.

En 2015, Berta avait été menacée de mort par des personnes proches de la compagnie hydroélectrique canadienne Blue Energy, car elle s’opposait à la construction d’un barrage sur le Rio Blanco. Elle l’avait révélé publiquement lors d’une interview donnée à l’agence de presse EFE : “J’ai reçu des menaces de mort, d’enlèvement, de disparition ou de lynchage. On a parlé de piéger mon véhicule et ma fille a été menacée d’enlèvement. On a cherché à m’intimider en me persécutant, en me surveillant, en me harcelant sexuellement. Des campagnes dans les médias nationaux ont également été menées à mon encontre.”

De plus, Berta faisait l’objet de mesures de protection de la part de la Commission inter-américaine des droits de l’homme. Quels que soient les auteurs et commanditaires de cet assassinat, les manquements des autorités honduriennes sont à pointer du doigt.

 

Catégories Campagnes Droits économiques, sociaux et culturels Droits humains Sociétés transnationales
Étiquettes