Extraits de l’article « Des droits « pour et par les paysans » » paru dans Le Courrier

09/07/2019

Propos recueillis par Benito Perez

La Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans, adoptée l’an dernier après dix-sept années de lutte, est un texte à part. Un livre édité par le CETIM nous explique pourquoi.

Droit à la terre, aux moyens de production, aux ressources naturelles, au revenu, à la protection contre les pesticides, aux semences… La Déclaration des droits des paysans, adoptée en novembre dernier, a remis l’alimentation et la production autonome au centre des engagements des Nations Unies. Obtenu de haute lutte par La Via Campesina, une coalition agraire présente dans 73  pays, ce texte a désormais débuté sa seconde vie, celle de la concrétisation, afin de permettre aux quelque 3 milliards de paysans de vivre décemment et de nourrir la planète tout en la préservant.
A Genève, le Centre Europe Tiers Monde (CETIM), qui fut l’une des ONG les plus impliquées dans ce combat débuté en 2002, poursuit son action en publiant ce texte novateur et son historique dans un livre signé par la juriste française Coline Hubert.

Comment est née cette idée d’un livre sur la Déclaration?
Coline Hubert : Dès que la Déclaration est entrée dans sa phase d’adoption, le CETIM a commencé à envisager un outil permettant au plus grand nombre de s’emparer de ce texte, de cette « feuille de route commune» au monde paysan. Le livre s’adresse aussi au grand public, d’autant que la Déclaration est encore peu connue. Enfin, il y a la volonté de partager les expériences qui ont conduit à ce succès.

Comment s’est passée la rencontre avec le monde de l’ONU ?
Leur demande [des paysans] a surpris le Conseil des droits humains, on les a renvoyés vers les agences spécialisées comme la FAO (Organisation pour l’alimentation et l’agriculture). Mais les paysans ont insisté et maintenu la nécessité d’un instrument international consacrant leurs droits.
A ce moment-là, les alliances conclues par La Via Campesina avec des ONG, notamment au Forum social mondial, ont été cruciales. Par exemple avec le CETIM qui avait l’expérience et les réseaux pour se mouvoir au sein de l’ONU. Ou avec FIAN (ONG pour le droit à l’alimentation), qui a contribué à l’élaboration d’un argumentaire propre aux paysans mais compréhensible pour les diplomates, documentant les violations spécifiques subies.

La crise financière de 2008 et son impact sur l’alimentation ont constitué un déclic. Beaucoup ont pris conscience que ceux qui travaillent la terre, paradoxalement, étaient aussi ceux qui souffraient le plus de la faim. L’ONU s’est souvenue que l’alimentation constituait un droit fondamental. Le secrétaire général de La Via Campesina a même été invité à s’exprimer devant l’Assemblée générale. Puis tout s’est enchaîné.

Vous pouvez lire l’entier de l’article sur le site du Courrier ou sur le site du CETIM.

Vous pouvez commander le livre “La Déclaration de l’ONU sur les droits des paysan-ne-s, Outil de lutte pour un avenir commun” de Coline Hubert en cliquant ici.

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