COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU CETIM Campagne contre Chiquita : exploitation systémique et violations des droits humains dans les plantations de bananes

29/04/2026

Genève, 27 avril 2026. Public Eye a récemment publié un reportage dénonçant les conditions inhumaines de travail dans les plantations de bananes exploitées des sous-traitants de la société transnationale (SNT) Chiquita au Guatemala. Cette initiative est accompagnée d’une campagne visant à faire pression sur la compagnie ainsi que sur les autorités compétentes. Les travailleuses et travailleurs de Chiquita dénoncent des violations du droit du travail, notamment des durées de travail excessives entraînant une fatigue professionnelle chronique, des salaires insuffisants, une exposition sans protection à des pesticides toxiques et un accès limité aux soins de santé.

Au sud du Guatemala, où se concentrent 85 % des emplois bananiers du pays, les conditions de travail dans les plantations des sous-traitants de Chiquita sont absolument infernales : les ouvriers et ouvrières subissent des journées de travail épuisantes au point de recourir à un stimulant narcotique appelé « bomba », consommé jusqu’à sept fois par jour par certain.es travailleur.euses. Les plantations sont pulvérisées d’un pesticide toxique appelé Mancozèbe jusqu’à quatre fois par semaine, sans aucun préavis. Des avionnettes lâchent sur des milliers d’hectares de bananeraies une poudre jaunâtre et acide à tout moment de la journée, exposant directement les ouvriers et ouvrières. Or, ce produit est classé comme perturbateur endocrinien, toxique pour la reproduction et soupçonné d’être cancérogène.

Ainsi, Chiquita perpétue des conditions de travail inadmissibles en profitant d’une délocalisation de ses activités et surtout en abusant d’une main-d’œuvre jeune, isolée et faiblement organisée. Malgré la certification Rainforest Alliance, les pratiques observées sont loin de répondre aux standards des droits humains, droit du travail et normes environnementales.. Par le biais de la sous-traitance, la compagnie se soustrait à ses responsabilités juridiques, en plus de profiter des avantages fiscaux de la Suisse (le siège de Chiquita étant établi depuis 2008 à Etoy, dans le canton de Vaud).

La campagne Stop Chiquita de Public Eye s’inscrit pleinement dans le travail d’information, sensibilisation et plaidoyer que mène le CETIM depuis plusieurs décennies pour combattre l’architecture transnationale de l’impunité qui règne au niveau international. Elle fait d’ailleurs écho au processus international en cours visant l’élaboration de normes internationales juridiquement contraignantes pour réglementer, au niveau du droit international des droits humains, les activités des STN. Un Traité de l’ONU sur les STN est présentement examiné et négocié au Conseil des droits de l’homme de l’ONU par un groupe de travail intergouvernemental ; le CETIM et la Campagne mondiale pour revendiquer la souveraineté des peuples, démanteler le pouvoir des transnationales et mettre fin à leur impunité y participent activement afin de garantir que le futur Traité reflète les propositions des mouvements sociaux, renforce l’imputabilité des STN et assure accès à la justice pour les victimes et communautés affectées.

C’est pourquoi le CETIM apporte son plein soutien et s’engage à contribuer activement à la campagne Stop Chiquita, lancée par Public Eye. Dans ce cadre, nous appelons également à rejoindre la manifestation virtuelle qui est organisée afin de faire pression sur Chiquita pour qu’elle assume ses responsabilités envers ses travailleuses et travailleurs.

La Suisse, en tant que pays hôte de Chiquita, doit exiger de cette entreprise le respect des normes de l’Organisation internationale du travail (OIT), notamment en matière de conditions de travail, de libertés syndicales et de salaires décents, ainsi que des droits humains fondamentaux. Elle doit également garantir des mécanismes efficaces de reddition des comptes en cas de non-respect.
Par ailleurs, la Suisse devrait intervenir auprès des autorités du Guatemala afin qu’elles assurent l’application effective des normes du travail et des droits humains sur leur territoire, condition essentielle à la protection de leur population.

Enfin, la Suisse doit soutenir activement l’adoption, au niveau de l’Organisation des Nations unies, d’un traité contraignant sur les sociétés transnationales et les droits humains. La mise en place d’un tel cadre juridique est fondamentale pour combler les lacunes du droit international, en instaurant des mécanismes de prévention des violations, de contrôle indépendant, de responsabilisation juridique ainsi que des sanctions effectives en cas de non-respect.

Nous appelons à soutenir la campagne Stop Chiquita et la campagne Stop à l’impunité des sociétés transnationales du CETIM pour que les STN soient tenues de respecter les droits humains, l’environnement et les droits des travailleuses et des travailleurs.

Les droits des travailleurs et travailleuses ne sont pas négociables ! Stop Chiquita !

Visuels et matériel pour diffusion de la campagne Stop Chiquita ici.

Contact:
Raffaele Morgantini, Représentant du CETIM auprès de l’ONU, raffaele@cetim.ch, +41796606514

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Étiquettes agriculture Campagne mondiale pour démanteler le pouvoir des STN et mettre fin à l'impunité Guatemala STN