Déclaration de Yaoundé: L’OMC et le libre-échange engendrent la faim, la pauvreté et les inégalités

02/04/2026

Le CETIM était aux côtés de La Via Campesina à Yaoundé, Cameroun, pour suivre de près les travaux de la 14e Conférence ministérielle de l’OMC (26-29 mars 2026). Le CETIM et LVC prônent le démantèlement de l’OMC, en ce que son paradigme se base sur une architecture économique et commerciale profondément asymétrique, au service des intérêts du capital transnational et au détriment des peuples et des économies locales, en particulier dans les pays du Sud.

La Conférence ministérielle s’est achevée sans déclaration finale ni une réforme pourtant annoncée. La majorité des dossiers, dont l’agriculture, le commerce électronique ou la facilitation des investissements, ont été renvoyés à Genève faute de consensus. De nombreux participants attribuent cet échec en grande partie à la stratégie des États-Unis, qui ont conditionné toute négociation à l’adoption d’un moratoire permanent sur les droits de douane liés au commerce électronique, suscitant de fortes tensions, notamment parmi les pays du Sud. Les divergences sur ce sujet, ainsi que sur d’autres priorités comme la sécurité alimentaire ou les règles de propriété intellectuelle, ont bloqué les négociations. Cet échec confirme ainsi l’analyse selon laquelle l’OMC est aujourd’hui largement paralysée, incapable de produire des décisions favorables à un développement commerciale juste et équitable, et souligne la nécessité de repenser en profondeur le système commercial international vers un cadre véritablement démocratique, qui ne marginalise pas les voix des peuples et des pays du Sud.

La Déclaration de Yaoundé que nous relayons ci-dessous, publié par La Via Campesina, met en lumière les effets systémiques d’un modèle commercial qui subordonne l’alimentation aux logiques du profit, accélère la marginalisation des petits producteurs d’aliments et compromet la souveraineté des peuples sur leurs systèmes alimentaires. Dans un contexte marqué par des crises géopolitiques, économiques et environnementales, la dépendance accrue aux marchés mondiaux apparaît non seulement comme une impasse, mais comme un facteur aggravant des vulnérabilités structurelles qui oppriment les peuples.

Face à cette crise multidimensionnelle, la Déclaration de Yaoundé de LVC se veut porteuse d’espoir, en proposant une alternative politique institutionnelle structurée. En affirmant la souveraineté alimentaire comme principe fondamental, elle appelle à une refondation du commerce international fondée sur la primauté des droits humains, la solidarité entre les peuples et le respect des écosystèmes. Elle invite ainsi à sortir l’agriculture de l’OMC et à dépasser le cadre actuel de l’OMC pour construire un nouveau système commercial au service de l’autodétermination des peuples.


Lire la Déclaration de Yaoundé

Lire le communiqué du CETIM préalable à la Conférence ministérielle: « L’OMC dans l’impasse: La Conférence ministérielle la sauvera-t-elle? »

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