COMMUNIQUE DE PRESSE CONJOINT
CETIM – STRASCAS
14 juillet 2026
Le Syndicat des Travailleurs Saisonniers de la Filière Canne à Sucre de le Haute Sanaga (STRASCAS) informe que, avec l’appui du CETIM1, une plainte a été déposée auprès de plusieurs mécanismes de protection des droits humains de l’ONU pour violations des droits humains commises à l’encontre des travailleurs et travailleuses agricoles dans la filière sucrière camerounaise, principalement des saisonniers-ères. Ces atteintes aux droits fondamentaux ont été rapportées dans le cadre du travail de la filière de la Société Sucrière du Cameroun (SOSUCAM), filiale de la multinationale française SOMDIA (Groupe Castel).
L’initiative du STRASCAS met en lumière une situation marquée par des violations du droit de travailler dans des conditions sûres, du droit à la liberté d’association et de réunion pacifique, ainsi que par des atteintes aux libertés syndicales des travailleurs et travailleuses saisonniers-ères. Ces personnes exercent leur activité dans des conditions d’extrême vulnérabilité, en raison de la pénibilité des travaux agricoles dans les plantations de canne à sucre, mais aussi d’une exposition accrue à divers risques physiques, sans protection adéquate. Elles sont notamment exposées à des lésions, des brûlures et à une contamination par les produits chimiques utilisés dans les plantations.
La saisine dénonce également la manière dont la SOSUCAM, et sa maison mère le Groupe CASTEL, instrumentalisent le statut saisonnier pour empêcher l’écrasante majorité de leurs travailleurs et travailleuses de s’organiser et revendiquer de meilleures conditions de travail.
Cette saisine souligne également la centralité de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales, qui constitue aujourd’hui un cadre international de référence pour protéger les droits des travailleurs et travailleuses agricoles. La Déclaration permet d’appréhender de manière holistique les atteintes aux droits humains subies par ces personnes, en reconnaissant l’interdépendance entre le droit à des conditions de travail sûres et dignes, la liberté d’association, l’accès à la justice et le droit à un niveau de vie décent.
Par cette plainte, la STRASCAS et le CETIM sollicitent l’interpellation des autorités camerounaises et françaises afin qu’elles respectent leurs obligations respectives en matière de droits humains et les faire respecter par les entités précitées. Des investigations indépendantes sont impératives. Les autorités françaises, en tant que pays hôte de la maison mère qui contrôle la filiale sucrière SOSUCAM, doivent assurer la responsabilisation et la reddition des comptes par le groupe CASTEL.
Halte aux violations et à la répression syndicale des travailleurs et des travailleuses camerounaises !
Contact
Raffaele Morgantini, Représentant du CETIM auprès de l’ONU, raffaele@cetim.ch, +41796606514
1 Organisation dotée du statut consultatif auprès de l’ECOSOC des Nations Unies