STOP PESTICIDES – Mobilisation internationale le 3 octobre 2026

03/09/2026

Mobilisation contre la société transnationale Syngenta
À
Monthey (Valais), devant le site industriel chimique de Syngenta

Organisation: PublicEye, Uniterre, BreakFree Suisse, le CETIM, March Against Syngenta, les Soulèvements de la terre Genève, les Vagues de la Révolte, Ensemble à Gauche, Association Chablair, Les Vert.es du Chablais VS/VD

Pourquoi nous nous mobilisons
En Suisse comme ailleurs, les pesticides sont à l’origine d’une épidémie de cancers et de maladies chroniques, en premier lieu chez les travailleurs et travailleuses agricoles. Les quelques multinationales qui en tirent profit intoxiquent toujours plus l’eau, les terres et les populations. Depuis des années, nous accumulons les preuves, les alertes et les combats : dossiers de reconnaissance de maladies professionnelles, recours juridiques, enquêtes de terrain, rassemblements devant des points de captage d’eau pollués, manifestations, accompagnement des personnes contaminées. Pourtant, nous ne sommes toujours pas entendu·es.

Alors que les scandales sanitaires se multiplient, les pouvoirs publics suisses et les instances européennes continuent de favoriser un modèle agricole soumis aux pesticides et de légiférer en ce sens, exposant ainsi l’ensemble de la population à des substances toxiques, dans son eau, son alimentation et son environnement pour la population entière. En Suisse, ce modèle enferme aussi la paysannerie dans une dépendance aux intrants chimiques et à des prix qui ne rémunèrent pas le travail. Se battre contre les pesticides, c’est indissociablement se battre pour un vrai revenu paysan : sans revenus dignes et stables, aucune transition vers l’agroécologie ni souveraineté alimentaire ne sont possibles. Nous refusons que le coût de la transition soit porté par celles et ceux qui nourrissent la population, ni par celles et ceux qui la consomment, et qui financent déjà, à travers leur facture d’eau et les budgets de leurs communes, la dépollution causée par l’agrochimie, pendant que les profits de l’agrochimie restent intouchés.

Le scandale des exportations de pesticides interdits
La Suisse abrite le siège et des sites de production majeurs de l’agrochimie mondiale. Des substances jugées trop dangereuses pour être utilisées en Europe et en Suisse, interdites précisément parce qu’elles empoisonnent, continuent d’y être produites, puis exportées vers des pays du Sud global où elles ravagent la santé des travailleuses et travailleurs agricoles, contaminent les eaux et les sols, et reviennent parfois jusque dans nos assiettes via les importations. Ce double standard est un scandale : ce qui est trop toxique pour nous l’est aussi pour les autres. « Pesticides, Syngenta, ni ici ni ailleurs ! »

Le 3 octobre : convergence à Monthey
Le 3 octobre 2026, nous, paysan·nes, travailleurs et travailleuses agricoles, personnes malades et habitant·es de territoires contaminés, convergerons vers le site de Syngenta à Monthey, en Valais. Nous y appelons à une manifestation massive pour dénoncer les ravages de l’industrie agrochimique et obtenir la mise à l’arrêt de ce site majeur, emblématique de l’impunité dont bénéficient les multinationales du secteur.
Cette mobilisation ne s’arrête pas en Suisse : simultanément, des actions auront lieu sur plusieurs autres continents. Elle s’inscrit dans une campagne d’actions pour désarmer les infrastructures de production des pesticides sur nos territoires et promouvoir une autre agriculture, basée sur l’agroécologie et la souveraineté alimentaire.

Monthey, symbole d’un système
Syngenta présente elle-même Monthey comme un site « stratégique », bénéficiant d’un cadre législatif « compétitif au niveau international ». Traduction : une législation ouverte et complaisante, taillée pour le marché. C’est le canton du Valais qui délivre les autorisations et qui est chargé de veiller à l’application de la loi. C’est lui qui a mis en place et gère le système des « autocontrôles », où les entreprises se contrôlent elles-mêmes. Tant que ses départements ne disent rien, Syngenta fait ce qu’elle veut, et les autres entreprises du site aussi. La responsabilité de l’État et du canton est engagée.
Pendant ce temps, la pollution au 1,2,4-triazole contamine les eaux potables distribuées autour du Léman, en France, dans le canton de Vaud et à Genève. Ce sont les collectivités publiques, donc les citoyennes et citoyens, qui devront payer les infrastructures de dépollution. Et lorsque des communes tentent d’agir, Syngenta multiplie les recours de procédure et bloque l’accès à des informations essentielles sur les substances déversées dans les eaux : une véritable censure, ici comme ailleurs.

Nos demandes pour Monthey

  1.  Pollueur-payeur. Syngenta doit débloquer les fonds nécessaires à la dépollution des eaux potables distribuées autour du Léman, aujourd’hui payée par les collectivités et donc par les citoyennes et citoyens. Nous demandons au Ministère public de se saisir du dossier de la pollution des eaux au 1,2,4-triazole pour faire appliquer le principe du pollueur-payeur.
  2. Fin de l’entrave démocratique. Syngenta doit cesser d’entraver les droits démocratiques des collectivités publiques, et donc leur capacité à préserver leurs eaux potables, par des recours de procédure et le blocage d’accès aux informations concernant le déversement de substances dans les eaux.
  3. Renversement de la charge de la preuve et transparence. Ce n’est pas aux collectivités publiques de prouver la dangerosité des substances industrialisées et rejetées dans les eaux : c’est à la multinationale d’annoncer publiquement ce qui est produit à Monthey et susceptible de se retrouver dans nos eaux, et de prouver de manière transparente que ces substances ne sont pas dangereuses. À défaut, elle ne devrait plus rien rejeter.
  4. Arrêt de la production pour l’export de substances interdites. Aucune substance déclarée interdite en Europe en raison de sa dangerosité, dont des pesticides de la famille des triazoles, interdits en 2019 et directement liés à la pollution actuelle, ne doit plus pouvoir être produite sur le site pour être exportée hors d’Europe.
  5. À l’attention du Conseil d’État valaisan : un dédommagement aux communes qui doivent dépolluer leurs eaux, le canton ayant failli à son devoir de contrôle en n’appliquant pas la modification de la législation fédérale concernant le triazole, même si c’était non intentionnel.
  6. À l’attention des Chambres fédérales : la reprise des recherches sur l’impact des PFAS et des pesticides sur la santé, après la décision du Conseil fédéral de ne plus financer l’étude suisse qui visait précisément à documenter ces effets.

Au niveau national et international
Le scandale ne s’arrête pas à Monthey. Syngenta a siégé au sein de la délégation suisse à la COP 30 pour y représenter des intérêts économiques, alors même que l’entreprise est en mains chinoises. Le conseiller fédéral Albert Rösti a renoncé à intégrer des substances reconnues comme dangereuses dans la révision en cours de l’ordonnance sur la protection des eaux. Et le risque est réel de voir la législation changer cette fois-ci pour le triazole : c’est précisément pourquoi Syngenta cherche à gagner du temps en multipliant les recours contre les communes vaudoises. Nous l’affirmons : nous surveillons cela de près et nous ne laisserons pas passer cette manière de faire, qui n’est pas un cas isolé mais une stratégie systématique de l’entreprise, ici comme ailleurs.

Appel à rejoindre la mobilisation
Nous appelons à nous rejoindre le 3 octobre à Monthey :

  •  les citoyennes et citoyens qui boivent une eau polluée au triazole, de France, du canton de Vaud et de Genève ;
  •  les communes et collectivités qui doivent financer les infrastructures de dépollution ;
  •  les élu·es de tous bords attaché·es à la protection des eaux et de la santé publique ;
  •  les organisations régionales de protection de l’environnement ;
  •  les paysan·nes, les travailleuses et travailleurs agricoles, les personnes malades et leurs proches, et toutes celles et ceux qui refusent d’être exposés à des substances toxiques dans leur eau, leur alimentation et leur environnement, et de subir les frais de la dépollution.

Pesticides, Syngenta : ni ici, ni ailleurs !
Contact presse :Raffaele Morgantini – raffaele@cetim.ch – +41796606514

L’appel à mobilisation complet, les raisons de viser ce site et nos 10 exigences concrètes pour sortir des pesticides et défendre une agriculture paysanne :
https://stop-syngenta3oct.com/

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