Des organisations paysannes honduriennes dénoncent devant l’ONU un décret législatif qui légalise la dépossession des terres au profit de l’agrobusiness

28/07/2026

Communiqué de presse
Tegucigalpa, 27 juillet 2026

La Centrale nationale des travailleurs ruraux (CNTC, Honduras), organisation membre de la Coordination latino-américaine des organisations paysannes (CLOC) – La Via Campesina, avec l’accompagnement du CETIM, a déposé une plainte urgente auprès de plusieurs Procédures spéciales du Conseil des d

roits de l’homme des Nations Unies afin d’alerter sur la grave situation à laquelle sont confrontées des milliers de familles paysannes au Honduras, menacées de dépossession et de déplacement forcé.

La plainte porte sur le Décret législatif n° 107-2026, intitulé « Loi pour le renforcement et la protection du secteur agro-industriel, des projets énergétiques, du tourisme, de l’élevage et des petits producteurs agricoles du Honduras », adopté le 10 juin dernier, ainsi que sur la Circulaire de la Police nationale DGPN-(S/D)-n° 009-2026, qui ordonne l’exécution d’environ 1 000 ordres d’expulsion dans différentes régions du pays.

Cette législation, portée par la majorité de droite proche du secteur de l’agrobusiness, déclare non saisissables les terres attribuées aux secteurs agro-industriel, énergétique et touristique, les soustrayant de fait à toute réforme agraire ou de déclaration d’utilité publique.

Ces dispositions ne peuvent être comprises indépendamment du long historique de conflits agraires au Honduras, marqué par une répartition profondément inégale des terres, , ainsi que par l’expansion de l’agrobusiness et des grands investissements sur les territoires paysans. Depuis des années, les mouvements paysans dénoncent les facteurs structurels qui favorisent la persécution judiciaire des dirigeant·es paysann.es, les expulsions forcées de communautés et un système de violations permanentes des droits des communautés rurales.

La plainte souligne que ces mesures violent des droits reconnus par la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP), ainsi que par la Convention n° 169 de l’OIT et les décisions de la Cour interaméricaine des droits de l’homme, qui a condamné en 2023 l’État hondurien pour violation du droit à la propriété collective du peuple garífuna de San Juan.

La Centrale nationale des travailleurs ruraux (CNTC), le Conseil pour le développement intégral des femmes paysannes (CODIMCA), le Conseil Autochtone Lenca environnemental du Honduras (CILAH), l’Union paysanne et Autochtone du Honduras (UCIH), le Front national des jeunesses paysannes, autochtones et afrodescendantes (FRENAJUC) et l’Articulation des femmes de La Via Campesina exigent l’abrogation immédiate du Décret 107-2026, la suspension de la Circulaire 009-2026 et la fin des expulsions visant les communautés paysannes et autochtones. Elles exigent également la fin de la persécution et de la criminalisation des personnes qui défendent leurs territoires, par l’abrogation du Décret 93-2021, qui utilise la voie pénale pour criminaliser les luttes légitimes pour la terre. Elles demandent également une enquête rapide, indépendante et approfondie sur le massacre de paysan·nes perpétré à Rigores le 21 mai, ainsi que le respect effectif des obligations de l’État hondurien en matière de droits humains et des normes internationales relatives aux droits territoriaux.

Halte à la violence dans les zones rurales, exigeons dès maintenant le respect des droits des paysan·nes !

Contacts de presse:
Central Nacional de Trabajadores del Campo (CNTC, Honduras), cntc@yahoo.com
Raffaele Morgantini, Representante del CETIM ante la ONU, raffaele@cetim.ch, +41796606514
La Via Campesina, press@viacampesina.org

 

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