Depuis
les événements tragiques de septembre 2001, les Etats-Unis
en tête, suivis par de nombreux autres Etats, en particulier ceux
de l'Union européenne, ont adopté une série de mesures
et lois nationales dites antiterroristes. Or, elles ne sont nullement
apparues " ex nihilo ". Pour l'essentiel, elles ont plutôt
consisté en un développement de politiques répressives
déjà existantes et de projets de législation liberticides
et antidémocratiques en attente, les gouvernements se saisissant
de cette conjoncture favorable pour les faire passer sous le coup de l'émotion
et de la confusion.
Toutes ces normes nationales ont en commun qu'elles entretiennent un flou
sur la définition du terrorisme, ce qui permet de qualifier comme
terroristes différents agissements qui n'ont rien à voir
avec une activité terroriste. Elles rognent, à un degré
plus ou moins grand, des droits et des garanties fondamentales des citoyens
et notamment des étrangers, le droit à ester en justice,
le droit au respect de la vie privée, etc. et accroissent les pouvoirs
de la police, des services de sécurité et de renseignements
sans contrôle judiciaire. Elles ouvrent la voie à la criminalisation
de tout mouvement de résistance aux politiques néolibérales
imposées d'en haut, comme la tendance s'en fait déjà
lourdement sentir un peu partout. La prétendue lutte anti-terroriste
vient à point nommé pour renforcer la répression
et enlever toute consistance à l'exercice le plus élémentaire
de droits civiles et politiques pour s'opposer à la pratique généralisée
du fait accompli.